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Bourgoin-Jallieu > ECHOS DE LA MAIRIE

Fête de la ruralité : Un peu de légèreté avec une “patoise” datant du 29 juillet 1934 ! - 01/09/2017

Imaginons que des progrès technologiques nous permettent de remonter le temps. Nous serions alors revenus en 1934 et plus exactement le 29 juillet.
Ce jour là, les villes de Bourgoin et Jallieu, associées pour l’occasion, organisaient une Fête de Bienfaisance dont les bénéfices étaient reversés, comme on disait à l’époque, aux nécessiteux. Cette fête pris la forme d’une cavalcade humoristique.
A cette occasion, les gens de Planbourgoin, pour Bourgoin, et de Funas, pour Jallieu, avaient imaginé faire partie de Communes Libres.
Ils s’adressèrent aux maires de l’époque Monsieur Robert Belmont, Sénateur-maire de Bourgoin de 1929 à 1937, et Monsieur André Cattin, maire de Jallieu de 1930 à 1941 et conseiller d’arrondissement.
Leurs représentants, maire d’un jour, déclamèrent des discours en patois au nom de leur Commune Libre respective.
Monsieur Georges Ballaz, de Diémoz, a lu celui de la Commune Libre de Planbourgoin. Pour une bonne compréhension du texte, une traduction en simultané a été assurée comme dans les grandes assemblées internationales. (Marcel Péaud, président du Conseil de Quartier de Charges, Plan-Bourgoin et ses Chemins).
 
Discours du Maire de la Commune Libre de Planbourgoin
En patois… la version originale !
Monchu le Sénateur-Mère de Brigon, Monchu le Conseilli d’arrondichiment, Mère de Jallio, Magnelles, Magnauds,
Le Mère de la Coummuna libre de Planbrigon vous sallieu.
Invita pe voutres Grandes Mugnichipalités, noutra très libra Coummuna se fé on pléji et on devoi de repondre à ce l’émable invitation.
De voudrè d’abo vous dire à vous noutre n’ounorable Sénateur touta la recounaissanchi que ne z’en pre vous pe tout ce que vous fétes dians voutres grandes assemblées pe noutra population de travailleus de la terra sauvent victimes de la gréla.
Vous ou sétes, monchu le sénateur, noutra Coummu-na e chi yauta que la gréla a vite fé de l’attrapa et quand te sou malheu ne s’arrive monchu le sénateur é ye chu vous que ne comptons pe ne fare dedommagi de cela calamita.
Et que me mère que n’évo pas dejia fé pe me z’administras.
Grachi à vous ne z’ant failli avè on lavoi et i n’abreuvoi, mais la pu granda joie dou habitants de Planbrigon é ye de savè que biantuè ne vant avè on çamin carrossable.
Mais léssiéme vous dire ina crainta se fé jo dians ma coummuna à l’annonchi de cela nouvella ne z’en pou monchu le mère-sénateur. Oua ne z’en d’étre envaï pe noutre z’amis de la plagni, et cela coummuna qu’ayi garda jusqu’à yore sa rustiquita, va étre oblijia de se modergniji.
Ne ven étrè oblijia de vous demanda de grousses chubvenchions pe fare on bouleva que va devegni indispensable pe fare suita à sou beau çamin que vous alla me fare cadeau et de pouye vous dire en touta confidenchi qu’ina granda chochiéta a dejia projeta de vegni construire ina chita de gratte-chiel que fara palli Villeurbanne et méme Lyon.
D’é pou monchu le mère-sénateur, oua d’é pou que noutres coullègues de la villa sant jaloux et que biantuè ina guerra éclatè entre voutres administras et le miénes qu’en dejia projeta ina allianci avo y autre quarti d cultivateus coume no : de vôle parla dou habitants dou Marés furiux d’étre déléchias et d’étre obligias de se srevi ou XXe siècle de la vieilli lampi à huile dont se srevavant noutres grands-pares.
Pe remédie à chian, ne ven monta ina turbina chu le Bion qu’alimentara on fare que ne van installa ou Pan de Chucre et de Planbrigon ne s’enviéront la lumiéri à giorno pe touta la villa.
Mais pe arriva à sou resutat Monchu le mère-sénateur ne comptont chu vous et voutra Mugnichipalita afin que toutes noutres pitites querelles se terminant coume ne vant z’ou fare tout à l’hura : le verre en man.
Quand à vous, Monchu le Conseilli d’arrondichiment, mère de Jallio, mon coullègue de Funas vous dira tout à l’hura tout le bian que ne pensont de vous.
Mais léssié-me quand méme vou remercié de l’accueil que vous ne a reserva dians voutra coummuna et vous dire que chi de fè qu’é ya vou aya besoin de noutron concou, tota la populachion de Planbrigon é t’a voutra disposichion, ne sari t’é que chi on jor la Riviéri debourdave, monta à Planbrigon vous n’y craindri pas le z’inondachions.
Et vous braves mondes de Brigon-Jallio et d’ailleurs, qu’étes vegnus iqui en foula ne z’honora de voutra présenchi, de vous dio éto bian gra machi et de vouès vous demanda de pensa ou malheru en sou jor de bombanchi et de rigoulada ; sortié voutron pourtamounaya et pouéjié à pleina man, pe soulagi ina brisi le pitiots que n’en point de pan, acheta éto noutron beau programme, noutra sançon patoiji, et n’oublié pas de vous ranchi la gourgola de sou bon vin de Planbrigon, Mouzas, Charbouniéri, Monbreni et autres St-Savin, Crichilloux, Dempté-ziou, Chapéze et Cie ; fétes ina tourna de ville, ina danchi avant de parti et gula avo mi : Vive Brigon ! Vive Jallio ! Vive surto la Coummuna libra de Planbrigon !
 
La traduction…
Monsieur le Sénateur-Maire de Bourgoin, Monsieur le Conseiller d’Arrondissement, Maire de Jallieu, Mesdames, Messieurs,
Le Maire de la Commune Libre de Planbourgoin vous salue. Invité par vos grandes municipalités, notre très libre Commune se fait un plaisir et un devoir de répondre à cette aimable invitation.
Je voudrais d’abord vous dire, à vous notre honorable Sénateur, toute la reconnaissance que nous avons pour vous pour tout ce que vous faites dans vos grandes assemblées pour notre population de travailleurs de la terre souvent victime de la grêle. Vous savez Monsieur le Sénateur, notre Commune est si haute que la grêle a vite fait de la frapper et quand ce malheur nous arrive Monsieur le Sénateur, c’est sur vous que nous comptons pour nous faire dédommager de cette calamité.
Monsieur le Maire, que n’avez-vous pas déjà fait pour mes administrés. Grâce à vous, nous avons failli avoir un lavoir et un abreuvoir, mais la plus grande joie des habitants de Planbourgoin est de savoir que bientôt nous allons avoir un chemin carrossable.
Mais laissez mois vous dire, une crainte se fait jour dans notre Commune à l’annonce de cette nouvelle, nous avons peur Monsieur le Sénateur-Maire. Oui, nous avons peur d’être envahi par nos amis de la plaine, et cette commune, qui a gardé jusqu’alors sa rusticité, va être obligée de se moderniser.
Nous allons être obligés de vous demander une grosse subvention pour faire un boulevard qui va devenir indispensable pour faire suite à ce beau chemin dont vous allez nous faire cadeau et je peux vous dire en toute confidentialité qu’une grande société a déjà projeté de venir construire une cité de gratte-ciel qui fera pâlir Villeurbanne et même Lyon.
De plus, Monsieur le Maire-Sénateur, j’ai oui-dire que nos collègues de la ville sont jaloux et que bientôt une guerre éclatera entre votre administration et la mienne et que nous avons déjà projeté une alliance avec les autres quartiers de cultivateurs comme nous : je veux parler des habitants du maris furieux d’être délaissés et d’être obligés de se servir au XXe siècle de la vieille lampe à huile dont se servaient nos grands-parents.
Pour remédier à ça, nous allons monter une turbine sur le Bion qui alimentera un phare que l’on installera au Pain de Sucre et de Planbourgoin nous enverront la lumière à toute la ville. Mais pour arriver à ce résultat Monsieur le Maire-Sénateur, nous comptons sur vous et votre municipalité afin que toutes nos petites querelles se terminent, comme nous allons le faire tout à l’heure : le verre à la main.
Quant à vous Monsieur le Conseiller d’Arrondissement, Maire de Jallieu, mon collègue de Funas vous dira tout le bien que nous pensons de vous.
Mais laissez-moi quand même vous remercier de l’accueil que vous avez réservé dans votre commune et vous dire que si des fois vous aviez besoin de notre concours, toute la population de Planbourgoin est à votre disposition, ne serait-ce que si un jour la Rivière débordait, montez à Planbourgoin, vous ne craindrez pas les inondations.
Et vous braves gens de Bourgoin-Jallieu et d’ailleurs qui êtes venus ici en foule nous honorer de votre présence, nous vous disons un bien grand merci et je vais vous demander de penser aux malheureux en ce jour de bombance et de rigolade ; sortez votre porte-monnaie et puisez à pleines mains pour soulager un peu les petits qui n’ont pas de pain, achetez notre beau programme, notre chanson en patois et n’oubliez pas de vous rincer la gorge de ce bon vin de Planbourgoin, de Mozas, de Charbonnières, de Montbernier et autres, Saint-Savin, Crucilleux, Demptézieu, Chapèze et Compagnie ; faites une tournée de la ville, une danse avant de partir et criez avec moi : Vive Bourgoin ! Vive Jallieu ! Vive surtout la Commune Libre de Planbourgoin !

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