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Vie culturelle / Où Sortir

Musée de Bourgoin-Jallieu : “Bourgoin-Jallieu, 50 ans !” : des Noces d’or dignement célébrées - 14/07/2017

Bourgoin-Jallieu constitue historiquement la seule ville importante du Bas-Dauphiné, dominé par Vienne, Lyon ou Romans, à sa périphérie.
Située sur la route d’Italie, Bourgoin se développe et devient le principal carrefour vers Lyon, Chambéry et Grenoble. Au Nord du gros bourg, Jallieu se compose d’un village abritant l’église et des hameaux : Mozas, Montbernier, Charbonnières.
Durant l’ancien régime, les deux villes n’auront de cesse de se rapprocher, fusionner, s’éloigner, jusqu’en 1791, date à laquelle elles prennent deux routes différentes… pour mieux se retrouver, il y a tout juste 50 ans !
Le 1er janvier 1967, les communes de Bourgoin et de Jallieu fusionnent après 176 ans de séparation. À travers des documents d’archives exceptionnels, des films et des objets, le Musée de Bourgoin-Jallieu vous propose de revivre ce moment fort de l’histoire berjallienne, ainsi que la belle histoire commune de ces deux villes du 13e siècle à nos jours.

Deux entités bien définies : Bourgoin et Jallieu
Après la séparation, en 1791, Bourgoin compte 3.600 habitants, Jallieu en totalise 1.600 dont la majorité réside dans les hameaux. L’opposition entre les deux localités est avant tout sociale. Bourgoin se compose de 50 % d’artisans et de 20 % de marchands et négociants. L’élite politique recoupe l’élite sociale, les bourgeois et notaires dominent la municipalité. Bourgoin obtient le tribunal civil, en 1791, à défaut de la future sous-préfecture. Jallieu vit uniquement de l’agriculture.

Les prémices de la réunification
L’après-guerre est marqué par un fort développement urbain.
L’agglomération passe de 13.400 à 16.500 personnes (60 % pour Bourgoin, 40 % pour Jallieu) de 1954 à 1962, soit 23 % d’augmentation.
À l’Est, Bourgoin urbanise Champaret tandis que Jallieu lotit Pré-Bénit.
À l’Ouest, Bourgoin aménage l’Oiselet et Jallieu s’étend plus au Nord, à Champ-Fleuri, par un lotissement de maisons individuelles qui donne son nom au quartier avec des immeubles collectifs. Il s’agit aussi, pour les deux villes, de reloger les rapatriés.
Parallèlement, l’État crée la déviation de la RN6 par l’actuelle Avenue des Alpes, pour désengorger le centre-ville, en 1955.
Des équipements communaux accompagnent la croissance urbaine : Bourgoin réalise les groupes scolaires de Champaret et Édouard Herriot, la place Charles de Gaulle, une nouvelle gendarmerie et une caserne.

Bourgoin-Jallieu : une situation géographique favorable
Bourgoin-Jallieu occupe une situation privilégiée entre trois régions : l’Est Lyonnais à l’Ouest, l’Isle Crémieu au Nord et les Terres-Froides au Sud.
Située sur la route d’Italie, Bourgoin se développe avec l’octroi d’une charte de franchises par le Dauphin en 1298. Le bourg médiéval croît dans la seconde moitié du XVIIIe siècle avec la construction d’une nouvelle voie traversant les Terres-Froides. Bourgoin devient alors le principal carrefour vers Lyon, Chambéry et Grenoble.
Au Nord du gros bourg, Jallieu se transforme en faubourg industriel au XIXe siècle, le long de l’actuelle rue de la Libération, dans la continuité urbaine de Bourgoin.

Les armoiries de Jallieu… toute une histoire…
On peut être un bon républicain et avoir un œil attendri pour les fastes et le décor qui firent les beaux jours de la royauté.
Jallieu voyait d’un regard mélancolique sa voisine, Bourgoin, parée à l’endroit le plus voyant de ses édifices publics d’un blason haut en couleurs et relief depuis 1730 alors qu’elle, son égale en organisation municipale, ne pouvait laisser que nus ses murs cependant autrement dignes, par leur architecture même, d’une semblable armoirie.
Cette lacune a été comblée à la dernière réunion du conseil municipal en 1955…
A dire vrai, l’idée émoustillait pas mal de Jallésien depuis quelques temps et chacun apportait son projet, qui surmonté de la grenouille, qui coiffé de tours médiévales.
Sagement, M. le Maire de Jallieu s’est adressé à un héraldiste, M. de Mouveaux, pour obtenir un blason reposant sur des bases solides.
Dans la lettre qu’il a adressée au conseil, M. de Mouveaux souligne que Jallieu est la fille spirituelle de la collégiale de Saint-Chef et, en conséquence, on peut emprunter les anciennes armes de cette collégiale. Donc les armoiries de la cité jallésienne seront : «d’azur au soleil rayonnant d’or et une rivière ondée d’argent en pointe.» La devise sera : “Courons vers la lumière”.
Dans une communication à M. Drevet, M. l’Archiviste en chef de l’Isère estime que ce projet est fort sérieux et il souligne la compétence de M. de Mouveaux en matière héraldique.
Le conseil municipal adresse ses félicitations et ses remerciements à tous ceux qui ont permis d’élaborer ces armoiries et il adopte ces dernières.
Heureuse cité, dont les vœux sont maintenant comblés et qui, par sa patience, a obtenu aujourd’hui, sans bourse déliée, ces quartiers de noblesse que certains, dans le passé ne purent acquérir qu’en échange d’écus bien sonnants…

Cela s’est passé le 25 juin 1965…
L’union est officiellement scellée par des délibérations conjointes à Bourgoin et à Jallieu. En début de séance, les conseillers municipaux de Bourgoin s’expriment sur cette question, à la demande du maire.
Le vote s’effectue devant deux spectateurs et il est acquis à l’unanimité.
À Jallieu, la séance est suivie par un public plus nombreux et le vote est acquis par 22 voix sur 23.
Les seules réserves portent sur le report de la fusion d’un an, au 1er janvier 1967, en raison de l’impossibilité, pour des administrations d’État d’établir en quelques mois les nouvelles contributions ou le suivi postal.
Les arguments développés sont l’appartenance à des intérêts économiques et sociaux communs, les liens naturels et les nécessités d’une expansion future, ainsi qu’une valorisation du territoire par des projets cohérents. (Archives communales de Bourgoin-Jallieu, Fonds modernes de Bourgoin et de Jallieu. Débat et extrait de la délibération de Bourgoin et Registre des délibération - janvier-décembre 1965). On apprend ainsi que Georges Paillet, alors directeur du Courrier de Bourgoin et colistier du docteur Gonin, manifeste son engagement dans la fusion en adoptant pour son journal, dès juillet 1965, le nom de Bourgoin-Jallieu. Plus précisément, c’est le 2 juillet 1965 que le Courrier de Bourgoin paraît sous le nom de “Courrier de Bourgoin-Jallieu”. Nous l’avons évoqué dans notre “cahier spécial anniversaire de la fusion” inclus dans l’édition n° 50 du vendredi 30 décembre 2016.
Carole Muet
D’après les sources de Georges Paillet (directeur du Courrier de Bourgoin-Jallieu, Historien berjallien, et le Musée de Bourgoin-Jallieu)

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